« La nature aime à se cacher », disait Héraclite. Chez Parménide déjà, la vérité n’est pas donnée comme un objet à posséder : elle se retire, elle se dévoile à qui consent à la bonne voie — face à la voie du non-être, qui est sans issue, se tient une troisième voie, labyrinthique, celle de la doxa, l’opinion des mortels, frappés d’une confusion intellectuelle, incapables de discriminer, errant sans fin entre les hypothèses.
Reste alors la question du fond : une vérité politique peut-elle échapper à l’intérêt, à l’idéologie et à la seule pluralité, sans s’articuler à une morale, à une espérance ? C’est le discernement que Simone Weil oppose à l’idolâtrie de chaque camp politique — et c’est peut-être là que peut se refonder, non un dogme, mais une confiance, une véritable vertu de l’engagement.
Cette vérité politique a-t-elle seulement jamais existé ?
C’est la question qui reste ouverte pour le débat.
Par Arthur Rochon du Verdier
Enseignant en classes préparatoires (IEP, Institution des Chartreux).
Doctorant en philosophie à l’UCLy : « La positivité de la vie sociale dans la philosophie de Simone Weil. Une lecture contre-intuitive ? ».